Nos livres


Collection PAGUS

Terre natale ou terre d’adoption, chacun de nous s’est intimement construit avec un pagus, un « petit pays ». Loin de l’évanescence des flux et du tourisme formaté, les auteurs sauront faire surgir de leur enracinement une poésie singulière, nourrie d’histoires et de mythes, de géologie et d’amours, d’architecture et de rêve. Un véritable carnet de voyage intérieur.

Cette aventure se présente sous la forme d’une libre déambulation, entre autobiographie et perception sensible. Des paysages à redécouvrir, à revivre, à imaginer autrement.

  • Charente(s) – Mes Patries minuscules, Jean-Claude Guillebaud (2021)
  • Humanités périgourdines, Pierre Bergounioux (2021)
  • Périgord Vert, Armand Farrachi (2021)

  • Charente(s) – Mes Patries minuscules, Jean-Claude Guillebaud
  • Petit format, gouache originale de Gérard Titus-Carmel en couverture – 12€

La lumière est plus charentaise encore que tout le reste. De quel hasard géographique ou météorologique est-elle le produit ? D’où vient que vous ne trouverez point hors de chez nous – nulle part ! – ce même miroitement bizarre, ces contrastes aigus, ces sautes inimitables de luminosité qui donnent au paysage une netteté surréelle et changeante. Sans doute existe-t-il ailleurs qu’en Charente des marais, des parcs à huîtres, des salines et des roses trémières. Mais cette lumière ? 

Quant au reste… Ces églises courtaudes aux frontons romans couleur d’os et qui sont campées dans les villages comme des matrones en fichu. Ces places sans vraie forme où les fins d’après-midi sentent le miel et le tilleul. Ces épiceries-buvettes – il en reste – où l’on entre en baissant la tête au son d’un grelot pour acheter du jambon coupé large. Ces échappées de plaines au jaune aveuglant, soudain, quand la moisson est faite. Là-bas, figurez-vous, je déambule été comme hiver, saoulé de lumière et de vent, avec un bonheur très pacifique de  propriétaire. 


  • Humanités périgourdines, Pierre Bergounioux
  • Petit format, gouache originale de Gérard Titus-Carmel en couverture – 12€

Non content d’avoir été le berceau d’Homo sapiens sapiens – l’homme de Cro-Magnon, le Périgord peut encore s’enorgueillir d’avoir donné le jour à l’individu conscient de soi. C’est beaucoup, presque trop, pour une aussi petite région. Et pourtant, le fait est.

Par une assez plaisante interversion des âges, on a su dans l’instant qu’un nouvel enfant était né. Un petit hobereau du nom de Michel Eyquem avait rédigé, en français, son acte de naissance dans son manoir de Montaigne. C’est beaucoup plus tard, en 1868, que Louis Lartet identifiera les très anciens restes osseux découverts à proximité des Eyzies-de-Tayac comme ceux de l’homme moderne. Et c’est quarante ans après, exactement, que son prédécesseur, de Néandertal, sera exhumé d’une grotte corrézienne, du côté de La Chapelle-aux-Saints, et viendra compléter notre arbre généalogique.


  • Périgord Vert, Armand Farrachi
  • Petit format, gouache originale de Gérard Titus-Carmel en couverture – 12€

Pour mieux connaître le pays où je vis, j’ai voulu traverser à pied le Périgord vert, depuis Varaignes jusqu’à Brantôme, en suivant par des chemins écartés les cours du Bandiat et de la Dronne, ambition plus modeste, même pour un marcheur d’occasion, que ne le suggère son énoncé, car le départ et l’arrivée ne sont pas éloignés de plus de 50 km, distance qu’un soldat de l’Empire couvrait dans la journée. À la marche forcée, j’ai préféré la promenade et même la flânerie, c’est-à-dire le moyen de découvrir des endroits invisibles depuis les routes, des retraites insoupçonnées, des paysages préservés à l’abri des voies tracées pour la hâte et pour le nombre, et de s’y ménager à volonté des haltes, dans une perspective grandeur nature, non contractée par la vitesse, comme une distorsion de l’espace et du temps qu’on passe à le traverser. Outre le plaisir de sentir son corps progresser au rythme d’un pas qu’on est seul à régler et dans son élément véritable : la terre, les arbres, le vent, le soleil ou la pluie, on rétablit ainsi un rapport avec l’étendue que les trains rapides, les avions et les divers bolides ont falsifié, en évitant deux calamités : l’automobile et les humains.


Collection SILEX

Avec des extraits choisis, des illustrations originales et une mise en page soignée, ces petits livres carrés visent à faire découvrir ou re-découvrir les textes des grands auteurs. Parce que ces voix puissantes venues du passé produisent toujours des étincelles !

De grandes personnalités de la pensée et de l’engagement préfaceront ces petits silex taillés pour en souligner le caractère moderne et, parfois, subversif.

  • Le Petit La Boétie illustré (2020)
  • Le Petit Montaigne illustré (2020)
  • Le Petit Thoreau illustré (à paraître)

  • Le Petit Montaigne illustré
  • Petit format, dessins noir et blanc – 15€

Sans doute jamais Montaigne n’a connu un tel engouement public. Il paraît régulièrement différentes versions des Essais et des livres savants sur sa vie ou sa pensée. Ses citations émaillent les dissertations scolaires ou les discours officiels,  son nom est choisi pour des rues ou des confréries de toutes sortes… Bref, la figure de l’écrivain périgourdin jouit aujourd’hui d’un prestige unanime. Mais qui s’est véritablement risqué à lire l’impressionnant pavé des Essais ? Malgré les recommandations d’un Flaubert, Nietzsche, Tolstoï ou d’un Stefan Zweig, l’œuvre à l’érudition foisonnante effraie encore parfois un  peu. Le XVIe siècle paraît loin de nos vies… et pourtant ! Nous avons alors choisi cent cinquante citations, en français moderne, pour donner un aperçu de son incroyable liberté de pensée et de tempérament. Par petites touches thématiques, se dessine ainsi le portrait d’une « conscience heureuse » (Marcel Conche). On trouvera là une manière puissante de déchiffrer notre temps chaotique, un bréviaire pour mieux se comprendre et, peut-être, pour apprendre à (mieux) vivre. Le dessinateur Daniel Maja accompagne à sa manière cette introspection sage et joyeuse. Une chronologie réalisée avec l’historienne Anne-Marie Cocula situe Montaigne dans son temps. Les contributions du penseur d’origine écossaise Kenneth White et de l’intellectuel palestinien Elias Sanbar – tous deux aussi écrivains –  élargissent les horizons. Par-delà les siècles, Montaigne devient notre ami véritable. Tout en nous invitant à « vivre à propos »,  il s’affirme comme un contemporain séduisant et lucide.


  • Le Petit La Boétie illustré 
  • Petit format, couleur – 15€

La postérité d’Etienne de La Boétie a dépassé les frontières de Sarlat, sa petite patrie périgourdine, pour deux raisons. Il est l’auteur, tout jeune, du Discours de la servitude volontaire, et c’est à lui que Montaigne pensait lorsqu’il écrivit les célèbres pages des Essais sur l’amitié. Nourri de culture grecque et latine, son fameux Discours n’en est pas moins subversif pour son époque. Comment se fait-il que les hommes aiment se soumettre à un tyran plutôt que de le fuir ou le combattre ? Utilisé d’abord par les protestants hostiles à l’absolutisme royal, le petit texte inspira ensuite des révolutionnaires français, des anarchistes, socialistes et républicains durant tout le XIXe siècle. Il fut repris par Tolstoï, la philosophe Simone Weil et enfin par les résistants pendant la Seconde guerre mondiale. 450 ans après, la force rebelle du Discours est restée intacte. Les extraits choisis du Discours de la servitude volontaire sont accompagnés par de nombreux dessins réalisés de 1911 à aujourd’hui, pour la plupart inédits. Enfin, une petite chronologie élaborée par l’historienne Anne-Marie Cocula et l’éditeur Romain Bondonneau permettent de mieux situer La Boétie dans son époque et de souligner le destin exceptionnel de son Discours.

  • Préface de Boris Cyrulnik, psychiatre.
  • Posface de Carmen Castillo, cinéaste.

Collection SEDIMENTS

SEDIMENTS est la collection historique des Editions du Ruisseau.

Les différents numéros prétendent nourrir un nouveau regard sur le Périgord, mêlant histoire, paysages, littérature, photographie, cinéma, écologie et arts plastiques.
Nous nous engageons dans une volonté de retisser des liens intelligents et sensibles entre l’Homme et la nature, entre le passé et le présent. Constatant la solitude glacée et désenchantée de l’homme moderne, il s’agit alors de recréer de la filiation par une archéologie intime du passé. Explorer les couches superposées de pierres, d’humus et d’intentions. Dévoiler le socle géologique et les empreintes paysannes, le secret des forêts et des sanctuaires, la vigueur des rivières et de l’économie des lieux. Bref, accroître la complicité, la porosité à tout notre petit monde, pour y vivre pleinement. Et mieux en imaginer l’avenir.

Approfondir la connivence matérielle et symbolique avec le génie des lieux se révèle être une promesse d’ouverture sereine sur les autres, sur de nouveaux horizons. D’ici ou d’ailleurs, artistes, intellectuels et acteurs de la vie sociale participent à la construction patiente – et parfois contradictoire ! – d’un territoire porteur de traces, de sens et de projets.

Cette valorisation transversale des patrimoines historiques, naturels et culturels du Périgord engage ainsi profondément notre responsabilité citoyenne… et nous conduit à vouloir approfondir et partager la contemplation de l’infinie beauté du monde.

  • Sédiments 1, Autour de La Boétie et de la servitude volontaire (2013) – Epuisé
  • Sédiments 2, Les Beunes, vallées magnétiques (2014) - Epuisé
  • Sédiments 3, Bestiaire périgourdin (2015)- Epuisé
  • Sédiments 4, Doisneau et la Dordogne (2016) - Epuisé
  • Sédiments 5, Les Eveilleurs, ces Périgourdin(e)s qui inventent l’avenir (2017) – Epuisé
  • Sédiments 6, Alain Carrier, dessinateur et affichiste (2017)
  • Sédiments 7, Anthologie de la préhistoire littéraire (2018)
  • Sédiments 8, La Dordogne des grands photographes (2018)
  • Sédiments 9, L’Expérience de la forêt (2019)
  • Sédiments 10, Montaigne et nous (2019)
  • Sédiments 11, Folie de champignons ! (2020)
  • Sédiments 12, Abécédaire amoureux de Sarlat (2021)
  • Abécédaire amoureux de Sarlat – Sédiments 12
  • Grand format, photographies noir et blanc – 22€

Sarlat est une petite cité dont la réputation et le prestige ont, depuis longtemps, dépassé les frontières même de l’hexagone. La capitale du Périgord noir cumule tellement d’atouts : une densité patrimoniale exceptionnelle, une gastronomie unique, un marché vivant, une nature environnante épargnée. Sarlat, c’est ma ville. Parcourue en tous sens depuis l’enfance, j’ai longtemps habité son secteur sauvegardé et j’y travaille depuis près de trois décennies. Après en avoir même été l’élu, la cité périgourdine constitue l’épicentre de mes paysages intimes, le coeur de mon petit bout de planète qui comprend aussi une portion de la rivière Dordogne, quelques pechs boisés et une poignée de villages de la vallée. Espace minuscule qui fonde pourtant en partie l’identité d’un homme. Cet enracinement assumé permet de s’ouvrir tranquillement sur autrui et sur le monde car « L’universel, c’est le local moins les murs » comme l’écrivit joliment Miguel Torga.  Certes il y a les belles pierres blondes, incandescentes au soleil couchant. Mais à mes yeux, Sarlat est avant tout précieuse par les générations successives de femmes et d’hommes qui forgèrent ici une manière de vivre singulière, authentique, réconfortante. Le poids de l’histoire millénaire incite à une certaine modération en même temps qu’à un profond désir de justice et de liberté. Belle leçon immortalisée par La Boétie dont le propos audacieux irrigue encore la pensée de tous ceux qui ne veulent pas se rendre. La beauté, partout sous nos yeux, nous rend particulièrement sensible à sa préservation sourcilleuse. Cette même beauté qui fonde notre attractivité touristique, donc notre richesse et beaucoup de nos emplois. Profondeur historique et goût des belles choses ne seraient rien sans le dernier élément du triptyque – la gourmandise – qui nous ramène aimablement à nos racines paysannes, à nos corps et à nos fraternités. Car la cuisine d’ici doit être partagée. En suivant l’ordre imposé par l’alphabet, ce livre se présente sous la forme d’une libre déambulation entre autobiographie, anecdotes historiques, portraits et perceptions sensibles. Un drôle de mélange entre passé, présent et… futur désirable. Un amour vache, parfois, mais une célébration sincère. Grâce aussi aux photographies de mon ami Andrea Polato et à la belle préface d’Anne-Marie Cocula-Vaillières, la grande historienne du Périgord, nous espérons faire vibrer votre « cœur intelligent » pour notre petit joyau calcaire.

Romain Bondonneau


  • Folie de champignons ! – Sédiments 11
  • Grand format, couleur – 20€

Quand les sous-bois tièdes et humides deviennent odorants, le Périgord tout entier bascule dans une drôle de frénésie. Dès le petit matin, jeunes et vieux, riches et pauvres, tous se mettent à parcourir fiévreusement la forêt, en quête de cèpes ou de girolles. Et, pour rien au monde, on ne partagerait ses « coins ». Pratique ancestrale, la cueillette suscite une excitation primitive, sauvage. La pensée divague paisiblement, les jambes ne fatiguent pas, les sens sont en alerte. Éveillés, le corps et l’esprit gambadent à l’unisson. Les  affres de la modernité, son stress et ses absurdités, s’effacent miraculeusement devant l’image mentale du  champignon. Forme de vie mystérieuse, distincte des animaux et des végétaux, le règne des mycètes dévoile peu à peu les secrets de leur symbiose avec les arbres. Couleurs, formes, textures, odeurs varient à l’infini. Leur étude patiente accroit le mystère plutôt que de l’abolir, à l’image des lichens – à la fois algues et champignons – dont les hiéroglyphes ne cessent de fasciner. L’examen des archives signale la consommation ancienne des meilleures variétés comestibles, de la table paysanne à la gastronomie la plus raffinée. Dans les documents, on devine aussi parfois un usage coupable des vénéneux. Ainsi, bolets, rosés des prés et savoureuses oronges des Césars côtoient parfois dangereusement les amanites phalloïdes. Une petite filière économique se met progressivement en place  :  vente directe sur marchés contrôlés, conserveries, labels… Certains préconisent même une gestion des forêts propice à la production durable de cèpes. Aux côtés de la châtaigne et du foie gras, les champignons constituent désormais une part précieuse de notre identité culinaire. L’imaginaire périgourdin s’en est largement emparé à travers contes occitans, poésies, anciennes fables ou récits d’aujourd’hui… Surgies du tapis de feuilles mortes, les petites têtes nous ramènent joyeusement à la magie des lieux et à la puissance de la vie.


  • Montaigne et nous – Sédiments 10
  • Grand format, couleur – 20€

Sans doute jamais Montaigne n’a connu un tel engouement public. Il paraît régulièrement différentes versions des Essais et des livres savants sur sa vie ou sa pensée. Ses citations émaillent les dissertations scolaires ou les discours officiels, son nom est choisi pour des rues ou des confréries de toutes sortes… Bref, la figure de l’écrivain périgourdin jouit aujourd’hui d’un prestige unanime. Mais qui s’est véritablement risqué à lire l’impressionnant pavé des Essais ? Malgré les recommandations d’un Flaubert, Nietzsche, Tolstoï ou d’un Stefan Sweig, l’oeuvre à l’érudition foisonnante effraie parfois un peu. Le XVIe siècle paraît loin de nos vies… et pourtant !Nous avons alors choisi environ cent cinquante citations, en français moderne, pour donner un aperçu de son incroyable liberté de pensée et de tempérament. Par petites touches thématiques, se dessine ainsi le portrait d’une « conscience heureuse » (Marcel Conche). On trouvera là une manière puissante de déchiffrer notre temps chaotique, un bréviaire pour mieux se comprendre et, peut-être, pour apprendre à (mieux) vivre. Ving-six personnalités – écrivains, poètes, artistes, universitaires, hommes et femmes engagés dans la politique, la justice ou la médecine – ont accepté le pari de se raconter un peu, au miroir de Montaigne. Le dessinateur Daniel Maja accompagne à sa manière cette introspection sage et joyeuse.Par-delà les siècles, Montaigne devient notre ami véritable. Tout en nous invitant à « vivre à propos »n il s’affirme comme un contemporain séduisant et lucide.

Romain Bondonneau

  • L’Expérience de la Forêt – Sédiments 9
  • Grand format, couleur – 20€

En Dordogne, la forêt est partout. En s’y enfonçant, on découvre une grande variété d’arbres, d’arbustes et de plantes qui révèlent la nature des sols, les subtilités de la topographie ou des influences climatiques. Dernier refuge du sauvage, la forêt périgorde abrite peut-être de nouveau quelques loups aventureux. Depuis la fin de la préhistoire, les hommes connaissent sa nature bienfaitrice : terrain de chasse et de cueillette de champignons, ressource pour les usages domestiques – feu de cuisson, manche des outils, bois de charpente – ou réserve de nourriture pour les communautés villageoises et leurs animaux. Charbonniers hier et sylviculteurs aujourd’hui valorisent économiquement le bois des chênes et des châtaigniers. Les nouvelles monocultures de pins maritimes ou de peupliers suscitent des inquiétudes pour des raisons écologiques et paysagères. Beaucoup de noms de famille, de communes et de lieux-dits du Périgord trouvent également leur origine dans l’imaginaire végétal de la forêt et de ses lisières. Espace secret où se cachent les braconniers du temps de Jacquou le Croquant et les maquisards de la Seconde Guerre Mondiale, la sylve d’ici abrite aussi les sorcières et les bêtes fantastique des contes occitans. Ambivalente, les ermites s’y réfugient quand les héros doivent y affronter l’obscurité païenne et inhospitalière. Enfin, poètes et rêveurs puisent parfois au fin fond des forêts une inspiration féconde et une ultime consolation. Peut-être comme nous tous. 

Romain BONDONNEAU

collection silex

  • La Dordogne des Grands Photographes – Sédiments 8
  • Grand format, photographies noir & blanc – 22€

Prises pour la plupart dans les années cinquante et soixante, ces photos en noir et blanc de Henri CARTIER-BRESSON, Jean DIEUZAIDE, Edouard BOUBAT et Raymond DEPARDON sont celles d’un temps d’avant, d’un temps que je n’ai pas connu mais que je reconnais dans l’instant : c’est celui de mon père. Aussi, ces paysannes vêtues de noir dressées sous la halle du marché, l’anse du panier à la saignée du coude et l’oeil perçant, ce maréchal-ferrant en pleine opération, ce bouilleur de cru près de la rivière, ces feuillardiers dans leur hutte, ces paysans qui fanent au soleil, ces bonnes soeurs à cornette aperçues dans une rue de Sarlat, ces attelages de boeufs et ces chevaux à oeillères dans les champs de tabac, ces premiers vacanciers au camping, ces femmes en robes fleuries devant la statue du premier homme aux Eyzies, ces lavandières sur les berges de l’Auvezère à Tourtoirac, tout cela, mon père, enfant à Ribérac dans l’après-guerre, aurait-il pu le voir. Mon père l’a vu. Ce qui me traverse alors, devant ces photos, n’est pas la nostalgie d’un monde perdu, ni celle d’un monde en train de disparaître, mais à l’inverse l’émotion que l’on éprouve devant ce qui, dans le temps, demeure. Devant ce qui persévère, devant ce qui ressemble et que je peux reconnaître, devant ce qui tient. Dordogne me désigne ce qui tient.

Maylis de KERANGAL

  • Anthologie de la Préhistoire littéraire – Sédiments 7
  • Grand format, couleur – 20€

La Préhistoire raconte. Elle raconte les aventures des pionniers et des découvreurs, les trouvailles de squelettes fossiles et d’outils de pierre taillée. Elle raconte la révélation éblouie des grottes ornées de peintures polychromes. Surtout, elle raconte l’avènement et le devenir de l’Homme au long d’un itinéraire jalonné de transformations et d’inventions, d’extinctions, de migrations et de rencontres. La fiction est rendue nécessaire en préhistoire par la nature fragmentaire de ses preuves, qu’il faut « mettre en intrigue » pour raconter une histoire. En retour, les savoirs de la préhistoire se trouvent appliqués, impliqués dans des œuvres de fiction. Depuis cent cinquante ans, tout un ensemble de textes littéraires, romanesques, poétiques, méditatifs, sont produits avec une extraordinaire profusion, et souvent une grande inventivité. L’écriture donne chair aux êtres du passé profond, les re-présente avec lyrisme, humour, fantaisie. La préhistoire s’inscrit ainsi pleinement dans notre monde, avec les œuvres de : Louis-Hyacinthe Bouilhet – Jules Verne – Gustave Flaubert – H-G Wells – Rudyard Kipling – Jack London – J-H. Rosny-Aîné – Edmond Haraucourt – Robert Ganzo – Eugène Guillevic – Marcel Pagnol – Simone de Beauvoir – Raymond Queneau – Alberto Giacometti – René Char – Vercors – William Golding – Isaac Asimov – Roy Lewis – Georges Bataille – Umberto Eco – Joseph Delteil – Italo Calvino – Pierre Albert-Birot – François Augiéras – Ernst Jünger – André Malraux – Claude Klotz – François Cavanna – Kenneth White – Eric Chevillard – Jean-Marie Laclavetine – Jean Rouaud – Pierre Bergounioux – Pierre Michon – Andrée Chedid – Jean-Loup Trassard – Pierre Soulages – Pascal Quignard – Régis Debray – Philippe Sollers -Alain Blottière – Michel Jullien – Lionel Bourg – Erri de Luca – Marie-Hélène Lafon – Gérard Titus-Carmel. Avec cette Anthologie de la préhistoire littéraire – la première du genre –  nous avons voulu déployer toute la richesse des inventions, des formes et des styles  que suscite l’évocation, par l’écriture,  de la préhistoire humaine. Ces textes tour à tour narratifs, poétiques, comiques, oniriques, tendres ou graves, relient le passé le plus lointain au présent le plus proche. Les dessins originaux de Titus-Carmel rappellent les figures gravées, les « signes » noirs tracés au charbon de bois ou à l’oxyde de manganèse sur les parois des grottes ornées. Comme ceux d’Altamira, de Niaux ou de Lascaux, ils sont la trace d’une présence, ils marquent un « moment du monde étiré dans l’infini de son histoire »…

Claudine Cohen et Romain Bondonneau

  • Alain Carrier, dessinateur et affichiste – Sédiments 6
  • Grand format, couleur – 25€

A Sarlat, c’est une véritable légende vivante. Ici, on célèbre les vieilles pierres mais aussi, et surtout, l’art de vivre qui fonde l’identité de ses habitants. Gourmand, authentique, généreux et l’esprit frondeur : Alain Carrier résume à lui seul ce caractère périgourdin. Né en 1924 dans la petite capitale du Périgord noir, Alain Carrier s’engage très tôt dans les rangs de la Résistance. Remarqué tout jeune par O’Galop (créateur du Bibendum Michelin) et par un affichiste de cinéma américain, il intègre l’atelier du grand Paul Colin. L’éblouissante carrière parisienne d’Alain Carrier lui permet de remporter les plus grands prix de l’affiche publicitaire. Il côtoie aussi de nombreux artistes comme Paul Eluard, Louis Jouvet, Edith Piaf, Bourvil, Joséphine Baker ou encore Jean Cocteau et André Malraux. Par l’intermédiaire de ce dernier, il réalise également plusieurs affiches pour le Général de Gaulle. Celles pour Amnesty International ont connu une vaste diffusion. Cette réussite ne le lui fit jamais oublier sa petite patrie sarladaise à qui il offrit une centaine de créations visuelles pour la ville, ses événements et ses associations. Ses principales oeuvres, présentes dans les collections de plusieurs musées européens, ont récemment intégré la prestigieuse Bibliothèque nationale. Ce premier ouvrage sur le dessinateur-affichiste de 93 ans retrace les grandes étapes de sa carrière d’artiste. Une douzaine de contributeurs en soulignent l’exceptionnelle diversité de qualité.

Romain Bondonneau

  •  Les Eveilleurs, ces Périgourdins qui inventent l’avenir – Sédiments 5
  • Grand format, couleur – Epuisé

Dédiée aux patrimoines historiques, culturels et naturels du Périgord, la collection Sédiments aurait pu paraître cantonnée à l’évocation du passé. Pourtant, la notion de patrimoine (du latin pater) suggère que l’on choisit, dans l’héritage laissé par nos pères, ce qu’il nous paraît essentiel de transmettre aux prochaines générations. Pour ainsi  mieux envisager l’avenir. « Souviens-toi de ton futur » suggère un texte talmudique. Accroître cette connivence entre passé, présent et futur fonde la démarche de notre ouvrage consacré cette fois à de véritables passeurs d’espérance. Afin de conjurer le catastrophisme ambiant qui conforte finalement tous les replis individualistes, nous dressons le portrait sensible d’une trentaine de Périgourdins qui inventent chaque jour un futur désirable à notre territoire. Acteurs de l’excellence culturelle pour tous, promoteurs de l’agriculture biologique, entrepreneurs originaux, militants des solidarités, fonctionnaires imaginatifs… tous renforcent et ré-enchantent les liens entre les hommes. Tous invitent à reconsidérer notre identité rurale comme une chance à saisir. Finalement, toutes les personnes suivantes nous donnent le « goût de l’avenir » : Bertrand Lassaigne – Fanny Monbouché – Patrick Aussel – Jean-François Lyphout – Brigitte et Serge Lapouge – Christophe Audivert – Jean Mottet – Roger Nouvel – Suzanne Boireau-Tartarat – Bernard Barataud – Yogan Bredel-Samson – Luc Rivière – Jean-François Martinet – James Chatenoud – Danièle Mazet-Delpeuch – Philippe Rousseau – Frank Sordat – Ludovic Chaumeil, Céline Lefebvre et Bruno Zambrana-Ferran – Thierry Boyer – Rafael Maestro – Jean-Paul Ouvrard – Coline Hugel – Francis Gires – Bernard Reviriego – Marie Cherbero – Chrystel et Bruno Lajoinie. De grandes voix engagées dans l’exercice et la connaissance de ces utopies concrètes ont également été sollicitées pour donner ampleur et valeur d’exemplarité à l’action de nos éveilleurs. Ce nouvel opus de la collection Sédiments est donc une invitation à l’optimisme. L’optimisme de la volonté et le désir de mieux regarder autour de soi les initiatives qui, parmi tant d’autres, participent à la beauté de la vie d’ici.

Romain Bondonneau

  • Doisneau et la Dordogne – Sédiments 4
  • Grand format, photographies noir & blanc – 22€

Sarlat, Souillac, Périgueux, Les Eyzies, Domme, La Roque-Gageac, Beynac, Monpazier, Terrasson, Siorac, Saint-Amand de Coly… Ces villes et villages ont retenu toute  l’attention délicate de notre « pêcheur d’images », comme Robert Doisneau aimait lui-même se définir. De sa première descente en canoë sur la Dordogne en 1937 jusqu’à la fin de sa vie, Doisneau est revenu sans cesse dans le Quercy et le Périgord voisin. Déjà, le territoire chérissait sa gastronomie et attirait les premiers touristes. Fruit d’une collaboration avec Annette Doisneau et Francine Deroudille, les filles du photographe, l’ouvrage livre la joie des vacances en famille et entre amis, ainsi que l’âme paisible des lieux. Le photographe confiait même trouver là les plus beaux paysages du monde ! Scènes de la vie paysanne et marché aux truffes, fête foraine et grottes préhistoriques, match de rugby et châteaux, épouvantails et garde-champêtre, usine de foies gras et falaises dominant la rivière… Cette centaine de photographies – pour la plupart inédites – révèlent l’exploration intime de la région et le goût des plaisirs simples. On ressent aussi le désir profond de fixer, pour l’éternité, certaines images de ce monde rural déjà crépusculaire. Fidèle à son ambition de nourrir un nouveau regard sur le Périgord en croisant les arts et les lettres, la collection Sédiments a également invité plusieurs écrivains et penseurs pour accompagner les précieux clichés. Chaque chapitre photographique s’ouvre par une aquarelle de la grande illustratrice Jacqueline Duhême, l’occasion pour elle de se souvenir d’une longue et fidèle amitié.

Romain Bondonneau et Enora Boutin

  • Bestiaire Périgourdin – Sédiments 3
  • Grand format, couleur – Epuisé

 

  • Les Beunes, vallées magnétiques – Sédiments 2 
  • Grand format, couleur – Epuisé

 

  • Autour de La Boétie et de la servitude volontaire – Sédiments 1
  • Grand format, couleur – Epuisé